1. Portrait de fac : l'université de Nice fait campus à SophiaTech
Reportage

Portrait de fac : l'université de Nice fait campus à SophiaTech

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L'entrée de SophiaTech, campus numérique de l'université de Nice. // © Camille Stromboni
L'entrée de SophiaTech, campus numérique de l'université de Nice. // © Camille Stromboni

À une demi-heure de Nice (06), dans la garrigue méditerranéenne à Sophia Antipolis, routes, ronds-points et pins s'enchevêtrent entre des bâtiments universitaires, des laboratoires de recherche et des entreprises. Ce pôle a un attrait spécifique de force : les nouvelles technologies et l'informatique. Reportage sur le campus SophiaTech de l'université Nice Sophia Antipolis, après 8 mois d'existence.

Avec 25.000 étudiants, l'université pluridisciplinaire de Nice dispose, depuis la rentrée 2012, d'un campus axé sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication : SophiaTech. Appelé initialement "campus STIC" (sciences et technologie de l'information et de la communication), ce dernier est composé de 2 nouveaux bâtiments et du déménagement progressif sur Sophia Antipolis d'autres filières de l'université.

"Ce sont nos futures centrales numériques !" Le cloud computing est à l'ordre du jour du café-débat organisé par la Fondation Sophia Antipolis, vendredi 5 avril 2013. Sont présents une cinquantaine de chefs d'entreprise ainsi que des enseignants, des chercheurs et des étudiants de la filière MIAGE (méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). C'est ce qui caractérise SophiaTech : il réunit les filières informatiques universitaires (DUT – diplôme universitaire de technologie –, masters, école d'ingénieurs Polytech Nice…), les laboratoires de recherche et les entreprises dédiés aux nouvelles technologies du numérique.

 
Une mise en route progressive des cours

 

Heytem - master informatique - Université de Nice - SophiaTech - Avril 2013 ©C.StromboniLes masters d'informatique, la L3 (licence 3) et le M1 (master 1) MIAGE viennent ainsi de poser leurs valises, avec un jeu d'échange de locaux entre les 2 principaux sites d'études de SophiaTech : les Templiers et les Lucioles, à 10 minutes l'un de l'autre. "C'était un peu rock'n'roll, comme toutes les livraisons de bâtiments. On essuie les plâtres ", reconnaît Philippe Collet, directeur adjoint du département informatique de l'UNS (université de Nice Sophia Antipolis). "Les bâtiments ont mis un peu de temps à être opérationnels,raconte Heytem (photo © C. Stromboni), 21 ans, en M1 informatique, spécialité recherche informatique fondamentale. Avec notamment quelques difficultés d'emplois du temps". Charlotte, en M1 MIAGE, a, quant à elle, pu constaté "beaucoup de problèmes de wifi".

 
Des bâtiments dans la garrigue

 

Comment le campus de Sophia Antipolis est-il perçu par ses étudiants ? Premier intérêt pour tous : le "cadre" naturel. "Je voulais faire la spécialité informatique, et la fac de Nice me paraissait la plus renommée dans ce domaine, explique Jamal, en 3e année à Polytech. Mais je ne m'attendais pas à me retrouver dans un cadre aussi rural, aussi vert". Même un peu trop parfois pour ce jeune citadin, originaire de Montpellier. Jean-Michel, en M1 RIF (recherche en informatique fondamentale), apprécie, quant à lui, "le calme et la verdure" de la technopole. "Sinon, pour le reste, c’est pareil qu’à Nice, tient-il à ajouter. On a les mêmes enseignants et on est des étudiants de l'université de Nice". Avec, comme souvent dans ces filières en technologies informatiques, une forte proportion de garçons.

Deuxième attrait du campus : quelques événements qui émergent peu à peu, telle que la participation en tant que communauté à la "Nuit de l'info". Un challenge national où chaque université participante relève des défis une nuit entière. "Au niveau de l'effectif, on était à la limite de ce qui était autorisé et à 10 étudiants près du plus gros effectif de France, représenté par l'université de Strasbourg !, sourit l'enseignant Philippe Collet. Tous nos étudiants de masters 1 se sont inscrits: ceux du MIAGE, mais aussi ceux des L3 et quelques élèves de l'IUT (institut universitaire de technologie). C'était un événement sympathique pour le campus."

 
La proximité des entreprises : un avantage pour les étudiants

 

Côté événements entre les entreprises et les laboratoires ? "Il n'y a pas beaucoup d'animations pour créer la rencontre entre les chercheurs et les entreprises", regrette Jean-Michel, étudiant en M1 RIF. "L'INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatique) organise quelques événements, telle la visite de ses locaux, mais je n'y suis pas allé", avoue Jamal, étudiant à Polytech Nice. Si certaines sociétés à Sophia Antipolis viennent se présenter lors des cours ou que des cafés-débats permettent de créer un lien avec les étudiants, cela reste encore limité. L'atout de SophiaTech se situe ailleurs.

Le tissu local des entreprises est surtout un atout durant les études. "Cela nous aide beaucoup pour trouver les stages de nos étudiants, et lors de l'apprentissage, présent dans plusieurs filières", explique Pierre Crescenzo, maître de conférences en informatique, en charge de la filière MIAGE. "J'espère faire mon stage cet été dans l'entreprise de l'un de mes enseignants, Activeeon", raconte Jean-Michel, qui suit la spécialité IFI (informatique fondements et ingénierie). "Il y a une forte demande d’apprentis de la part des entreprises qui nous entourent, peut-être encore plus à cause de la crise, ajoute Philippe Collet. Nous avons beaucoup d’étudiants de M2 en alternance chez Amadeus ou Air France, et nous réfléchissons à élargir cette voie à ceux de M1."

Jamal - Polytech - Université de Nice - SophiaTech - Avril 2013 ©C.StromboniCôté débouchés, le secteur informatique est très porteur dans la région."Je souhaiterais trouver un travail à Sophia Antipolis, relate Jamal (photo © C. Stromboni). Mais juste 2 ou 3 ans."  "Il y a aussi la culture 'start-up' qui est forte à Sophia, confie Michel Riveill, vice-président de l'UNS (université de Nice Sophia Antipolis) délégué Sophia Antipolis. Beaucoup d'étudiants créent leur entreprise". Ainsi, une douzaine d'étudiants travaillent déjà, avant la fin de leurs etudes, dans la junior entreprise associée à la filière MIAGE. "À Sophia, ils ont la chance d'être proches de leurs clients", relève Pierre Crescenzo, maître de conférences.

 
Peut mieux faire côté vie étudiante

 

Si le campus SophiaTech prend forme au niveau des formations, avec cet avantage "entreprise"… côté vie étudiante, on est encore loin du compte. Pour le quotidien, un restaurant universitaire permet de déjeuner à moindre coût, tandis qu'une petite zone commerciale, dénommée "Saint-Philippe", à 5 minutes des Templiers, compte quelques restaurants et un Casino. Il existe aussi des résidences étudiantes sur place.

Rémi et Charlotte - master MIAGE - Université de Nice - SophiaTech - Avril 2013 ©C.Stromboni

Rémi et Charlotte, en master 1 MIAGE : "Les soirées, ce n'est pas à Sophia Antipolis que cela se passe." // © C. Stromboni


Mais "on est proche de rien, c'est hyperisolé", estime Charlotte, en M1 MIAGE. Et pour sortir ? "Les soirées, ce n'est pas à Sophia que cela se passe, même si on fait parfois des apéros chez Maître Kanter à Saint-Philippe. Il n'y a pas de lieu sympas. C'est encore à Nice ou à Juan-les-Pins que ça se passe", explique Rémi (photo © C. Stromboni) lui aussi en M1 MIAGE et président du BDE (bureau des élèves) de sa filière. En plus, "le week-end, ça se vide", décrit Heytem, qui réside à la cité universitaire et rentre, lui aussi, très souvent chez lui à Draguignan. Un point faible renforcé par le fait que le bus, bon marché en semaine (12 € par mois), ne fonctionne ni le week-end ni le soir après 20 heures. "C'est quand même compliqué sans voiture", souligne Jamal, qui vient justement de s'inscrire dans une auto-école pour passer le permis !

SophiaTech en chiffres (2012-2013)
• Nombre d'étudiants : 2.380, avec :
- 1.000 étudiants à Polytech Nice dans 6 formations d'ingénieurs,
- 730 étudiants en masters à l'université,
- 650 étudiants à l'IUT dans 4 départements de formation.
• Nombre d’enseignants-chercheurs, enseignants, ingénieurs, techniciens et administratifs : 290.
• Nombre de chercheurs dans les EPST (établissements publics à caractère scientifique et technologique– en l'occurrence le CNRS, l'INRA et l'INRIA) : 181.
• Sites d'études :
- les Templiers (Polytech Nice et l'IUT, laboratoire LEAT [électronique, antennes et télécommunications] avec les 2 nouveaux bâtiments ouverts à la rentrée 2012,
- les Lucioles (masters, classe prépa intégrée Polytech).

 

Sommaire du dossier
L'université de Nice en photos et en chiffres