1. Portrait de fac : Toulouse 3 - Paul Sabatier, une université en quête d’évolution
Reportage

Portrait de fac : Toulouse 3 - Paul Sabatier, une université en quête d’évolution

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L'Université Toulouse 3 – Paul Sabatier // © Alain Labat
L'Université Toulouse 3 – Paul Sabatier // © Alain Labat

Étudier à Toulouse 3, c'est comment ? Reportage sur le (très) grand campus - plus de 150 hectares ! – de la scientifique université Paul Sabatier, et rencontre avec des étudiants investis dans la vie de cette fac en cours de rénovation.

405.000 m² de locaux, 33.000 étudiants, 14 mentions de licence, 58 licences pro, 105 masters, 87 unités de recherche… L'université de Toulouse 3 - Paul Sabatier (dite "UPS") a de quoi impressionner ses nouvelles recrues.

L'UPS, c'est d'abord une grande étendue, celle de son campus principal : près de 150 hectares, beaucoup d'espaces verts, de routes et chemins intérieurs… Situé au sud-est dans la ville rose, cet espace s'inscrit plus largement dans le complexe scientifique de Rangueil, qui compte également trois écoles d'ingénieurs (ISAE, ENAC, INSA), de grands laboratoires (LAAS-CNRS, OMP, Onera) et le CNES. Une université qui est en outre implantée sur d'autres sites : trois dans la ville (médecine) et quatre dans la région (IUT et centre universitaire Jean-François Champollion).

 

La fac, qui propose un panel étendu de cursus dans le domaine scientifique et technique, lance dès 2014 une série d'innovations, dont notamment de nouvelles pédagogies plus interactives. Autre changement en cours : un vaste programme de rénovation et de construction devrait s'étendre de 2016 à 2019, avec une conception visant à en faire un campus économe, durable, innovant…
 

Des parcours "spéciaux" d'aide à la réussite

L'UPS est constituée de cinq composantes (facultés et instituts) : sciences (16.000 étudiants, dont 6.000 à l'IUT), médecine, pharmacie, dentaire et sport. Dans ce grand scope de formations, la fac toulousaine a lancé plusieurs parcours adaptés dès la première année. Initié à la rentrée 2014, Cap Réussite est réservé aux étudiants en difficulté ou qui ont besoin d'acquérir des pré-requis. Dans ce cadre, la licence se déroule sur quatre ans pour les quelque 200 étudiants qui en profitent.

Autre particularité de l'établissement : les parcours spéciaux. "Il s'agit d'une formation très bien encadrée, qui ressemble un peu au lycée. Elle est destinée aux étudiants qui veulent devenir chercheurs : dès la première année, des échanges sont instaurés avec des labos, et des projets y sont menés, explique Antoine, en L3 de parcours spécial de physique. L'accès est sur dossier mais pas trop sélectif. Les enseignants attendent de nous d'avoir une forte curiosité scientifique."

Stephan Maumont, enseignant-chercheur, présente le cours sur la biodiversité aux L1 de Sciences de la Nature à l'Amphi Ampère // © Frédéric DessortStephan Maumont, enseignant-chercheur, présente le cours sur la biodiversité aux L1 de Sciences de la Nature à l'Amphi Ampère // © Frédéric Dessort
 

Des "classes inversées" testées

La fac veut également se mettre au diapason de l'innovation pédagogique. Dès la rentrée 2014, près d'un millier d'étudiants de L1 testent le concept de "classes interactives". Fini les cours magistraux assénés à des étudiants étourdis par des heures de prise de notes, "l'idée est de construire l'apprentissage de manière beaucoup plus interactive. D'une part, avant un cours, l'étudiant accède à son contenu via une plateforme d'apprentissage ‘Moodle’. Puis une fois dans l'amphi, le prof fait une courte présentation magistrale suivie de questions pour tester les étudiants, qui répondent via un mini-boitier électronique. En fonction des réponses, le prof continue ou instaure un échange entre les étudiants jusqu'à ce que les résultats s'améliorent. Et ainsi de suite", explique Jean-François Parmentier, chargé de mettre en place le nouveau dispositif.
 

Une organisation perfectible

Si l'université s'avère ainsi volontariste pour améliorer la réussite en licence, les étudiants rencontrés soulignent un manque d'enseignants et de moyens. Notamment dans la filière sciences de la nature, victime de son succès. Un problème présent de la L1 jusqu'à la L3. "C'est vrai qu'il y a des galères de budget, par exemple certains cours de TP [travaux pratiques] ne peuvent être tenus par manque de finances. Mais la qualité des cours reste bonne malgré ces conditions, les profs se débrouillent pour faire bien avec peu", tempère Elodie, en L3 de biologie environnement.

En outre, certains autres étudiants se disent agacés par la gestion des salles. "Ça change tout le temps, ils mettent les cours et les TD où ils peuvent…", s'exaspère Pedro, étudiant en L2 de physique.

Tous s'accordent en revanche sur la qualité de la BU (bibliothèque universitaire) : sur 4.000 m², elle propose 900 places assises et a bénéficié d'un généreux budget pour son extension et sa rénovation, achevées en 2010. Dans ce vaste espace, de petites salles, à réserver, sont très prisées. "C'est idéal pour travailler", témoigne un groupe d'étudiants. "Mais il y fait souvent trop chaud et les heures d'ouvertures de la BU sont trop réduites : elle ferme à 19h00 !", regrettent-ils. L'établissement prévoit néanmoins, d'ici 2015, de laisser la BU ouverte plus tard.

La biliothèque universitaire de Toulouse 3 - Paul Sabatier // © Frédéric DessortLa biliothèque universitaire de Toulouse 3 - Paul Sabatier // © Frédéric Dessort
La biliothèque universitaire de Toulouse 3 - Paul Sabatier // © Frédéric Dessort
 

Des associations étudiantes nombreuses

Dans un campus aussi étendu qui peut laisser les étudiants livrés à eux-mêmes, le lien et les activités sociales sont pourtant bien développés. Les associations ne manquent pas. L'une d'entre elles, consacrée aux… jeux de rôles, a été fondée il y a un an. "Nous sommes déjà 50" se réjouit Quentin, master 1 bio-informatique, co-fondateur du site de l'association. "Nous faisons la promotion de toutes formes de ludismes, à l'exception des jeux vidéos. Et nos activités sont foncièrement sociales : elles se font toujours en groupe".

La culture n'est pas en reste, de nombreuses manifestations sont organisées : conférences, expos, ou théâtre à la salle du Cap. Autre lieu de rencontre et de travail, lancé cette année : le Campus Fab, le fab lab de l'université. Dans ce lieu, les étudiants peuvent s'initier à la fabrication numérique d'objets divers et complexes (molécules, robots, ou encore fossiles...), avec des imprimantes 3D. Des projets sont menés avec des labos de la fac.

Le campus Fab, le FabLab de l'UPS, est un lieu de rencontre et de travail // © Frédéric DessortAu FabLab de l'UPS, le Campus Fab, des objets ciselés grâce aux imprimantes 3D // © Frédéric Dessort
Le Campus Fab de l'UPS est un lieu de rencontre et de travail.
Ici des objets ciselés grâce aux imprimantes 3D // © Frédéric Dessort
 

Des débouchés dans un bassin économique dynamique

Du côté des débouchés après la fac, Toulouse bénéficie d'un bassin économique important, grâce notamment à la présence d'Airbus, même si le taux de chômage de la ville (10,1 %) reste encore voisin de la moyenne nationale. Dans ce contexte, l'UPS continue de miser sur ses filières professionnelles, dont elle souligne la bonne insertion : d'après les derniers chiffres fournis par l'université, le taux d'emploi des diplômés à 30 mois s'établit à 80,2 % pour les DUT, 88,3 % pour les licences pro, et 91,4 % pour les masters pro.

Dans cette lignée enfin, l'établissement a développé des cursus de haut niveau qui intègrent fortement la pédagogie par projets, mais aussi des stages industriels dès la première année, et des partenariats avec des laboratoires de recherche. En particulier, une école d'ingénieurs interne, UPSSITECH, a récemment été créée. De leur côté, les masters d'ingénierie permettent d'aboutir à un diplôme qui se veut au niveau des écoles d'ingénieurs classiques, mais avec les tarifs de l'université.

Sommaire du dossier
Ma vie d'étudiant à Toulouse 3 : Aurélie, en L2 de Sciences de la Nature