1. Supérieur
  2. Licence / Université
  3. Universités : en reconstruction
  4. Des universités plus autonomes

Des universités plus autonomes

Envoyer cet article à un ami

Autonomie, fusion des universités, rénovation de campus… le paysage de l’enseignement supérieur français est en pleine recomposition. Décryptage des principales réformes.

Depuis le 1er janvier 2009, vingt premières universités françaises sont passées à l’autonomie. Telle est la conséquence de la loi sur les libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU) votée le 11 août 2007. Concrètement, celle-ci prévoit que ces établissements autonomes bénéficient de compétences élargies en matière de gestion de leur budget ou de la masse salariale. Par exemple, ces universités peuvent désormais décider d’attribuer des primes de mérite au personnel, de moduler le service de chaque enseignant-chercheur en fonction des besoins ou de sa stratégie, de recruter des enseignants contractuels, etc. Objectif affiché de l’autonomie : une plus grande réactivité des universités et donc une meilleure performance (mesurée par l’insertion professionnelle ou le taux de réussite en licence).

La loi LRU s’accompagne d’ailleurs d’un nouveau mode de répartition des moyens financiers prenant plus en compte cette notion de performance. Le ministère annonce que 20 % des moyens seront attribués selon ce nouveau critère, contre 3 % auparavant, mais bon nombre d’universités s’inquiètent d’une baisse de leurs ressources pour le budget 2009. Parmi les autres éléments de la loi LRU figurent aussi des conseils d’administration plus resserrés et ouverts au monde de l’entreprise, ou encore la possibilité de créer des fondations pour recueillir des fonds d’entreprises ou de particuliers (une dizaine de fondations ont été créées notamment à Lyon 1, Compiègne ou Aix-Marseille II). Au final, l’ensemble des quatre-vingt-cinq universités devrait être autonome d’ici le 1er janvier 2012.

Plan Campus : douze vainqueurs
Ce sont finalement douze gagnants et non dix, comme annoncé, qui bénéficieront d’un financement spécial "Opération Campus". Ce projet ambitieux vise à réhabiliter et moderniser les installations universitaires en les transformant en campus "à l’américaine". Cinq milliards d’euros ont été annoncés dans la corbeille (en partie financée par la vente d’actions EDF), de quoi attirer les candidats.
Au final, les universités régionales sont les grandes gagnantes : Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Toulouse ont été les premières retenues, suivies d’Aix-Marseille, Saclay, Aubervilliers puis Paris dans la seconde vague. Deux projets ont été repêchés in extremis : Lille et Nancy-Metz. Les premiers chantiers devraient être prêts en 2010.

Mathieu Oui
Sommaire du dossier
Retour au dossier Des universités plus autonomes Une tendance au regroupement des universités Malaise chez les enseignants-chercheurs