1. Choix du sujet de mémoire : les erreurs à éviter

Choix du sujet de mémoire : les erreurs à éviter

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Si la liberté est presque totale en matière de sujet de mémoire, il y a cependant quelques pièges à éviter : sujet déjà traité, sujet trop vaste ou sujet qui vous rebute… Nos conseils pour contourner ces écueils, extraits de Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage, de Myriam Greuter, aux éditions l’Etudiant.

Le sujet déjà traité

Dans le choix du sujet, le premier critère est l’originalité : certes, aucun domaine n’est vraiment vierge ou inexploré, mais tout n’a pas pour autant déjà été dit. À vous de renouveler l’approche du thème en l’abordant sous un angle nouveau.

Il existe déjà, par exemple, de nombreux ouvrages sur les romans de Colette ; Aurélie a donc choisi d’étudier un aspect méconnu de son œuvre : l’univers du music-hall. Vous pouvez aussi choisir un thème « bateau » si c’est pour proposer des idées neuves sur le sujet : c’est ce qu’a fait Sébastien dans son mémoire sur la notion de sublime chez Kant.

Deux conseils si votre sujet a déjà été traité :

Affinez encore votre recherche

Vous pouvez concentrer vos efforts sur une piste intéressante qui n’aurait été qu’évoquée jusqu’ici. Pensez également à varier le corpus, le domaine d’application d’une théorie : élargissez votre propos à un champ plus vaste, proposez un mémoire comparatiste… Vérifier l’intuition d’un autre chercheur vous obligera à un travail personnel.

Renseignez-vous sur l’état actuel de la recherche

Il n’existe malheureusement pas de fichier national des mémoires. Ceux qui ont déjà été soutenus dans votre établissement sont en revanche généralement conservés et accessibles sur place. Pour les autres, les plus importants sont cités en référence dans les articles et les travaux de recherche.

« Vérifiez notamment qu’un doctorant ne s’apprête pas à sortir prochainement une thèse de 800 pages sur le même sujet que vous », recommande Jean-Marc, étudiant en archéologie. Votre travail serait complètement éclipsé, et probablement rendu caduc.

Connaître les sujets des thèses déjà soutenues

Pour éviter ce genre de mésaventure, il suffit de se renseigner auprès des enseignants ou encore de se connecter au portail theses.fr. Conçu et développé par l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur (ABES), ce site Internet héberge depuis 2011 les données issues du Fichier central des thèses : vous y trouverez en accès libre les sujets de plus de 66 000 thèses en préparation dans les universités depuis 2001, principalement en lettres et en sciences humaines et sociales.

Bientôt, le site theses.fr intégrera la bibliographie nationale des thèses, disponible aujourd’hui gratuitement dans le catalogue du Sudoc (Système universitaire de documentation) à l’adresse suivante : sudoc.abes.fr. Vous retrouverez toutes les thèses de doctorat soutenues dans les universités françaises, dans toutes les disciplines, depuis 1972 (1982 pour les disciplines de santé). Des résumés accompagnent la plupart des références. Il est en outre possible de localiser l’exemplaire original des thèses dans les bibliothèques universitaires, ainsi que leurs reproductions – sur papier, microfiches, ou sur Internet, sous forme numérique.

Et pour connaître les thèses en préparation en sciences de l’ingénieur, économie et gestion dans les établissements membres de la Conférence des grandes écoles, rendez-vous sur la base de données THESA, accessible elle aussi gratuitement : thesa.inist.fr.

Le sujet irréalisable

« Définissez un sujet faisable », serinent tous les professeurs. Chaque année, des milliers d’étudiants se trouvent débordés par l’ampleur de la tâche qu’ils s’étaient fixée.

Ne choisissez pas un sujet trop vaste

Votre étude doit pouvoir être traitée exhaustivement en une centaine de pages. Vous ne serez jamais assez pointu dans le choix de votre sujet. « Il faut savoir restreindre sa problématique, explique Jean-Marc, quitte à n’aborder que certains aspects de la question et à faire de son mémoire une sorte d’“étude liminaire” qui devra être poursuivie en deuxième année de master ou en thèse. »

On peut parfaitement mener en master une recherche délibérément aride, en réservant pour la thèse les éléments les plus juteux ou les plus novateurs.

Ne vous acharnez pas si le sujet est vraiment intraitable

Sachez renoncer à votre sujet si le corpus s’avère mille fois trop vaste pour une étude d’un an, ou en cas de documents absolument inaccessibles : « Il vaut mieux changer de sujet en catastrophe, même au mois de janvier, plutôt que de s’obstiner huit mois sur une question sans issue », conseille Jean-Marc. Cette solution ne doit cependant être prise qu’en dernier recours : ne confondez pas sujet irréalisable et découragement passager.

Le sujet fastidieux

L’envie, la motivation, l’intérêt sont décisifs pour mener à bien le travail difficile du mémoire, tout comme la maîtrise de la langue de la documentation récoltée.

Ne vous laissez pas imposer un sujet qui ne vous dit vraiment rien

Certes, il existe des étudiants bien disciplinés qui acceptent de traiter un sujet qui ne les tentent pas, mais généralement, quand on sait que l’on va travailler longtemps sur un sujet, on préfère le choisir soi-même.

Il est en effet impératif que votre recherche vous apporte du plaisir : selon Laurent, étudiant en archéologie, les abandons durant la première année de master avoisinent les 50 % dans sa filière.

Ne vous lancez pas dans un sujet uniquement sur un coup de cœur

Il convient de procéder à des « sondages » préalables afin de vérifier que votre sujet est traitable. Ainsi, selon Mariane, l’erreur consiste à croire que si l’on « aime bien » un auteur, on va pouvoir mener un travail de recherche sur son œuvre. On a en effet parfois bien plus de difficultés ou de scrupules à parler de ce que l’on aime.

Dans un mémoire, l’investissement personnel et affectif est de toute manière déjà très fort, car le travail est long et parfois pénible : si vous entretenez des relations passionnelles avec votre sujet, vous courez le risque de prendre tous les revers trop à cœur. Malgré votre profonde implication dans ce travail de recherche, souvenez-vous que le mémoire reste un exercice.

Pour un sujet centré sur l’étranger, veillez à maîtriser la langue des documents

Pour sa maîtrise d’histoire de l’art, une amie de Jean-Marc étudie une manufacture de céramique du XVIIIe siècle située près de Madrid. Le principal livre de référence sur cette manufacture est un gros ouvrage datant du début du XIXe siècle. Il est en espagnol, n’a jamais été traduit, et comme l’amie en question parle très peu espagnol, elle se trouve très gênée.

De manière générale, pour tout sujet centré sur un pays étranger, on a donc intérêt à bien pratiquer la langue si l’on ne veut pas se retrouver rapidement bloqué.

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage", par Myriam Greuter.

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