1. “Avant les entretiens en école d’ingénieurs, j'ai prévenu que j'étais malentendant.”

“Avant les entretiens en école d’ingénieurs, j'ai prévenu que j'étais malentendant.”

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Seuls 2 bacheliers en situation de handicap sur 10 poursuivent leurs études dans l'enseignement supérieur, et ils ne sont que 4 % à intégrer une grande école. Pourtant, universités et écoles se bougent pour inverser cette tendance, soutenues par les entreprises, soumises à de fortes pénalités financières si elles ne respectent pas leur quota de travailleurs handicapés. État des lieux et témoignages de 4 jeunes qui ont osé aller plus loin que le bac.

Encouragé par ses parents à continuer ses études après le bac, Stéphane, 22 ans, malentendant, est en 5e année à l'école d'ingénieurs EPMI de Cergy-Pontoise.

Choisir le plus difficile. “Jusqu'au bac, j'étais dans des établissements classiques, au sein d'une classe spécialisée d'environ 10 élèves. J'ai appris à oraliser et les cours étaient donnés en langage parlé codé. Si mes parents ne m'y avaient pas encouragé, je pense que je n'aurais pas fait d'études supérieures. Au collège, les professeurs voulaient m'orienter vers un CAP [certificat d’aptitude professionnelle], et c'est ma mère, sourde également, qui a insisté pour que j'aille dans un lycée général. En terminale S, je me suis lancé dans des concours d'écoles d'ingénieurs.”

Mélangé aux entendants. “Pour les concours, j'ai bénéficié du tiers-temps dans 3 écoles et j'étais au même régime que les autres candidats dans 2 autres établissements. C'est rassurant d'être placé dans une salle séparée, mais en général, je n'utilise pas le temps supplémentaire. Avant les entretiens, j'ai prévenu que j'étais malentendant. Je répétais si nécessaire et tout s'est bien passé. Reçu dans plusieurs écoles, j'ai choisi l'EPMI, qui est la plus généraliste. Pour la première fois, j’ai été mélangé à des entendants, alors qu'au lycée j'étais avec des sourds et des entendants habitués à communiquer avec nous. Au début, c'était stressant. Je me faisais discret. J'ai eu besoin de presque 3 ans pour me sentir bien, mais aujourd'hui, je suis moins réservé !”

En stage de fin d'études chez Logica. J'ai trouvé mon stage sur le forum Emploi Handicap, où j'ai eu un petit entretien avec la Mission handicap de Logica. Deux semaines après, Logica m'a recontacté et j'ai eu un entretien avec mon manager. Il ne faut pas hésiter à profiter des aides qui nous sont proposées. Sur les forums ou dans les associations, la question de déclarer ou non son handicap ne se pose pas ! En parallèle, j'avais envoyé une vingtaine de candidatures sur Internet, cette fois en cachant mon handicap.”

Photo : Eric Garrault

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Marie-Anne Nourry
Mars 2011
Sommaire du dossier
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