1. Le programme d’études intégrées des IEP de région : pas seulement pour leur concours commun

Le programme d’études intégrées des IEP de région : pas seulement pour leur concours commun

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Dispositif des instituts d'études politiques du concours commun IEPEI - stage intensif à Sciences po Lille // © IEPEI Sciences po Lille
Dispositif des instituts d'études politiques du concours commun IEPEI - stage intensif à Sciences po Lille // © IEPEI Sciences po Lille

Les 7 instituts d’études politiques du concours commun ont développé une prépa spéciale pour aider les lycéens à passer cette barrière d’entrée sélective. Un dispositif qui vise aussi à mettre toutes les chances de leurs côtés pour réussir dans l’enseignement supérieur.

LE DISPOSITIF IEPEI, C'EST QUOI ?

"Nous avons choisi un programme de démocratisation qui reste attaché au concours d'entrée républicain". Telle est la ligne directrice de Pierre Mathiot, directeur de Sciences po Lille, à l'origine du dispositif "Égalité des chances" des IEP (Instituts d'études politiques) du concours commun. Les 7 instituts (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg, Toulouse) organisent, chacun à leur manière, ce programme d'études intégré dénommé "IEPEI".

Une prépa gratuite pour élèves motivés

Il s'agit tout d'abord d'une plateforme Web qui agrège l'ensemble du contenu nécessaire pour le concours, mais aussi une vaste panoplie de conseils méthodologiques et un suivi pointu de l'actualité. Des professeurs alimentent, réactualisent et adaptent le site en permanence. Devoirs par correspondance et concours blancs jalonnent la préparation en terminale. Certains instituts organisent également des tutorats ou encore des semaines de découverte dans leurs locaux.
Ouverte aux boursiers du secondaire des lycées partenaires des instituts, ou futurs boursiers du supérieur, cette prépa est également destinée aux lycéens qui dépassent de peu le plafond nécessaire pour obtenir ces bourses – 20% des participants ne sont pas boursiers. Sont prises en compte la moyenne scolaire et la motivation.

S'engager dans le dispositif dès la 1re est vivement recommandé. Cette préparation gratuite, initialement prévue pour les terminales, a en effet été développée depuis pour les élèves de 1re et de 2nde. Elle se déploie également en direction des collégiens à Lille (59) et Toulouse (31), avec diverses initiations à la culture générale.

Un booster pour l'enseignement supérieur

Au total, près de 3.000 collégiens et lycéens sont accompagnés via IEPEI. Quelque 300 collèges et lycées sont partenaires. Sur le millier d'élèves de terminale qui ont suivi le programme, 435 ont passé le concours commun en 2013-2014 et 34 % ont intégré un IEP. Soit un taux de réussite trois fois plus élevé que celui de l'ensemble des candidats au concours commun.
Le programme vise également à booster les ambitions des lycéens pour rejoindre l'enseignement supérieur : 42 % des élèves ayant suivi le dispositif ont obtenu une mention très bien au bac, 31% une mention bien ; 91 % ont poursuivi des études, plus d'un tiers en prépa et 50 % des études longues (universités, etc.).


ELLE L'A TESTÉ : ÉLODIE, 21 ANS, EN FILIÈRE FRANCO-ALLEMANDE À L'IEP LILLE

C'est en terminale qu'Élodie s'est décidée : son projet d'études, ce serait de rejoindre un IEP (institut d'études politiques). Élève en filière ES dans un lycée proche de Lille, la jeune fille découvre l'existence du programme d'accompagnement IEPEI sur Internet. Son établissement étant partenaire, elle postule. Revenus des parents, bulletins de notes de 2nde et de 1re, lettre de motivation... elle remplit le dossier avec succès et débute cette préparation intensive. "Je n'avais pas forcément un projet précis, mais j'étais très motivée", explique-t-elle.

Un étudiant de l'IEP Lille en tuteur

Résultat : pendant son année de terminale, elle a travaillé les trois matières du concours (histoire, culture générale sur deux thèmes, langue vivante) grâce aux ressources en ligne de la plateforme d'IEPEI. "Nous avions aussi un tuteur par lycée. Pour nous, c'était un étudiant de Sciences po Lille, raconte-t-elle. Cela permettait de poser toutes nos questions sur le concours, même celles qu'on n'oserait pas forcément formuler à un prof."

Dans son lycée, elle était accompagnée par un enseignant référent qui organisait des sessions de travail. Sans oublier le devoir écrit qu'elle devait rendre chaque mois. "C'est vraiment cet entraînement à l'écrit qui m'a été le plus utile", estime l'étudiante. Un stage de quatre jours à l'IEP de Lille lui a aussi permis d'assister à des cours, de rencontrer des étudiants et de passer un concours blanc.

Une préparation au concours et au bac

Et pourtant... Ce n'est pas du premier coup qu'Élodie entre à Sciences po. Si la jeune fille obtient la mention très bien au bac, elle finit sur la liste complémentaire des admis au concours commun des instituts. Elle rejoint alors une préparation "Sciences po" à l'université Lille 3, puis retente l'année suivante le concours commun des IEP et celui de la filière internationale franco-allemande de Lille. Avec succès pour ce second essai ! "Cela valait tout de même vraiment le coup de suivre IEPEI, juge la jeune fille de 21 ans, cela m'a encouragé à persévérer, et je n'aurais jamais eu cette mention au bac sans ça."

"Il faut beaucoup s'intéresser à l'actualité"

Ses conseils pour les concours des IEP ? "Il faut beaucoup s'intéresser à l'actualité, parce que cela permet d'en tirer des exemples qui vont faire ressortir sa copie, souligne-t-elle. Sinon, il faut surtout travailler ses cours de terminale, mais en essayant d'aller toujours plus loin."

C'est justement cette superposition entre la préparation du bac et celle du concours Sciences po qui peut être parfois difficile à gérer. "Attention à ne pas laisser de côté le bac ! C'est d'abord le bac, et après le concours, même si c'est très complémentaire", prévient la jeune fille, qui espère travailler plus tard dans le secteur de la coopération décentralisée.

Et du côté des deux autres IEP de région ?
• "Je le peux parce que je le veux" à Sciences po Bordeaux
À Sciences po Bordeaux, le dispositif "Je le peux parce que je le veux", mis en place en 2006 et labellisé "Cordées de la réussite" par l'État en 2008, accompagne lui aussi des lycéens vers le concours d'entrée en première année de l'IEP, réservé aux bacheliers de l'année.
Treize lycées partenaires y participaient à l'origine, 26 en 2015. Les lycéens volontaires de ces établissements suivent, durant leur année de 1re et de terminale, une préparation aux épreuves d'entrée. Également au programme : des rencontres avec des étudiants de Sciences po Bordeaux et une visite de l'IEP.
À noter, les frais d'inscription au concours sont minorés pour ces candidats, passant de plus de 100 € à 20 €. Résultat : en moins de 10 ans, 1.371 lycéens ont suivi cette préparation, 124 ont réussi le concours et intégré Sciences po Bordeaux, 9 un autre institut.

• Le "Programme d'ouverture sociale" de Sciences po Grenoble
Lancé en 2006, le dispositif "Égalité des chances" de Sciences po Grenoble prépare des lycéens au concours d'entrée en première année de l'institut. Au total, 20 élèves de terminale suivent ce "Programme d'ouverture sociale" en 2015.
Sélectionnés sur la base des critères sociaux définis pour les bourses de l'enseignement supérieur, des résultats scolaires et de la motivation, ces lycéens sont accompagnés par leurs enseignants dans le cadre d'une préparation spécifique, ainsi que par un parrain, étudiant à l'institut grenoblois. Ils ont notamment accès à une plateforme de cours, passent un concours blanc ou encore viennent deux jours en immersion au sein de l'IEP.
Au total, 35 élèves ont intégré l'IEP via ce dispositif et 11 d'entre eux sont déjà diplômés.

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