1. Spécial orientation : comment conjuguer raison et passion ?
Enquête

Spécial orientation : comment conjuguer raison et passion ?

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Le point commun entre Camille, Cécile, Idriss, Quentin, Audrey, Jean-Guillaume, Mélanie et Amélie ? Avoir choisi, malgré les obstacles, de faire ce dont ils avaient envie. De suivre leur passion quand les adultes rêvaient d’autre chose pour eux. De viser haut quand rien ne les y destinait. D’arrêter des cursus d’excellence parce qu’ils ne leur correspondaient plus. Découvrez comment ils y sont parvenus à l’heure où l’on vous demande de faire vos premiers choix d’orientation…

En 2002, d’après une enquête de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance de l’Éducation nationale, 40 % des jeunes interrogés 7 ans après leur entrée en sixième avaient subi leur orientation.

Et les filières professionnelles restent encore un choix par défaut pour un lycéen sur deux. Il faut dire que l’orientation, en France, passe d’abord par le bulletin scolaire. "Pour les élèves qui ont les meilleures notes, la voie royale, c’est d’abord le bac scientifique, puis la prépa, les grandes écoles ou bien un cursus sélectif à l’université. Aux autres les filières ES et L. Après le bac, ceux qui ont des résultats moyens, mais aussi de plus en plus de bons élèves, partent en IUT. Viennent ensuite les BTS. Et enfin l’université, qui accueille des élèves aux résultats très moyens, alors même qu’il faut être très autonome et savoir bien s’organiser dans son travail pour y réussir", décrit Élisabeth Poinat-Berekbaum, conseillère d’orientation au CIO Médiacom, à Paris.

Vous êtes donc nombreux à laisser votre bulletin décider de votre avenir à votre place. Y compris les très bons élèves, qui se laissent porter vers les filières "d’excellence". Attention, s’orienter pour "s’ouvrir un maximum de portes" ne doit pas vous dispenser de trouver celle qui vous plaît vraiment et de la pousser ! Sans surestimer vos compétences, ni les sous-estimer, il n’est pas question de faire l’impasse sur votre personnalité au moment de vos choix d’orientation.

Tenez compte avant tout de vos envies, de vos désirs et de vos goûts "parce que la motivation est plus forte que l’intelligence et va déterminer la capacité de travail", juge la conseillère d’orientation.

Par exemple, Camille, Cécile et Audrey ont écouté la voix de leur passion pour combattre la peur de l’avenir, du chômage, du manque de débouchés. Le brillant Idriss enfant de milieu modeste, a mis le cap sur une grande école, sans autocensure. Comprenant qu’ils faisaient fausse route sur la voie royale, Jean-Guillaume et Quentin n’ont pas hésité à s’engager dans la voie professionnelle, pourtant moins prestigieuse, pour coller à l’envie d’un métier, comme une évidence. Enfin, Mélanie et Amélie se sont arrêtées sur le bas-côté pour réexaminer leur itinéraire, montrant qu’il n’est jamais trop tard pour changer d’avis.

Tous sont aujourd’hui fiers de leur parcours singulier et très personnel. Tous sont heureux d’avoir choisi la voie du cœur, de la motivation, de l’envie. Alors, s’ils ont réussi, pourquoi pas vous ?


3 bonnes raisons de décrocher un diplôme
Si aucun diplôme ne vous garantit un poste, il reste la meilleure protection face au chômage. Et, plus il est élevé, plus il vous assure un emploi de bonne qualité en termes de salaire, de statut, de temps de travail et d’accès à la formation continue. (1)

1. Un diplôme facilite l’accès à l’emploi. Le bac est "le bagage minimal pour être concurrentiel sur le marché du travail". Pour preuve, en France, en moyenne 40 % des jeunes qui se sont arrêtés au collège sont sans emploi, contre 15 % des diplômés du supérieur. En somme, le risque d’être au chômage est 3 fois plus élevé si vous avez quitté prématurément les bancs de l’école que si vous avez obtenu un diplôme du supérieur et deux fois plus élevé que si vous avez obtenu le bac. 

2. Plus votre diplôme est élevé, plus vous aurez de chances de trouver un emploi bien rémunéré, en CDI (contrat à durée indéterminée), à temps plein et favorisant l’accès à la formation. 3 ans après leur sortie du système éducatif, les étudiants 2004 ayant arrêté à bac+2 étaient 7 % à connaître le chômage et 70 % à avoir un CDI. Leur salaire médian était de 1.410 €. Les diplômés bac+5, de leur côté, n’étaient que 5 % à être au chômage et 80 % à avoir un CDI. Leur salaire médian était de 1.970 €. 

3. Vos chances de garder votre emploi en période de crise augmentent avec votre niveau de formation. Un diplôme peut empêcher un chômage conjoncturel de se transformer en chômage structurel, donc plus durable. Depuis 1997, le taux de chômage des diplômés du supérieur dans les pays de l’OCDE est resté, en moyenne, inférieur ou égal à 4 %. Celui des moins diplômés a dépassé plusieurs fois la barre des 10 %. 

Marie-Anne Nourry 
(1) D’après deux études récentes : Regards sur l’éducation 2010, de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), et Enquête Génération 2004, du CEREQ (Centre d’études et de recherches sur les qualifications).

Sommaire du dossier
Spécial orientation : Audrey, l’envie précoce de travailler avec les animaux Spécial orientation : Mélanie, l’hôtellerie plutôt que prof Spécial orientation : Idriss, de l’éducation prioritaire à la préparation d’une grande école Spécial orientation : Camille, du bac L à la déco Spécial orientation : Jean-Guillaume, d’une école de commerce à l’ébénisterie Spécial orientation : Cécile, la psychologie à la fac plutôt que la prépa Spécial orientation : Quentin, un bac ES, une fac d’histoire… puis un CAP de cuisine ! Spécial orientation : Amélie, après les laboratoires biologistes, un nouveau départ en médecine