1. Spécial orientation : Jean-Guillaume, d’une école de commerce à l’ébénisterie
Portrait

Spécial orientation : Jean-Guillaume, d’une école de commerce à l’ébénisterie

Envoyer cet article à un ami

Le point commun entre Camille, Cécile, Idriss, Quentin, Audrey, Jean-Guillaume, Mélanie et Amélie ? Avoir choisi, malgré les obstacles, de faire ce dont ils avaient envie. De suivre leur passion quand les adultes rêvaient d’autre chose pour eux. De viser haut quand rien ne les y destinait. D’arrêter des cursus d’excellence parce qu’ils ne leur correspondaient plus. Découvrez comment ils y sont parvenus à l’heure où l’on vous demande de faire vos premiers choix d’orientation…


Jean-Guillaume, 24 ans, en CAP ébénisterie après une année à l’ESSCA : “Je ne me posais pas trop de questions, j’étais dans le flot, engagé dans les études pour 5 ans.” Crédit photo : Zir

Une fois son bac mention assez bien en poche, Jean-Guillaume Delmas s’engage dans le cursus classique proposé par le conseiller d’orientation aux bons élèves de la série ES : l’école de commerce. Le jeune bachelier réussit le concours d’entrée, puis valide sa première année à l’ESSCA (École supérieure des sciences commerciales d’Angers), à Paris, mais sans grand enthousiasme.

“Je ne me posais pas trop de questions, j’étais dans le flot, engagé dans les études supérieures pour 5 ans”, se souvient-il. Ce long fleuve tranquille est toutefois interrompu par de très mauvais résultats en deuxième année, suivis d’une éviction de l’école. C’est un déclic pour Jean-Guillaume Delmas, qui va changer radicalement de voie. “J’aimais beaucoup faire des maquettes en bois quand j’étais petit, même si ça n’avait rien de sérieux. Et puis, je me suis souvenu du plaisir que j’avais eu à fabriquer une planche de surf, en marge de mon stage de première année d’école de commerce”, relate le jeune homme de 24 ans.

“Mes parents ont été assez compréhensifs”

Exit les études supérieures, Jean-Guillaume décide de se réorienter pour décrocher un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) d’ébénisterie. Une déception pour son père, lui-même diplômé d’école de commerce ? “Mes parents m’ont suivi. Ils ont été assez compréhensifs et m’ont assuré qu’ils me soutiendraient financièrement. Mais, en fait, je crois qu’ils n’ont été vraiment rassurés qu’après les premières semaines de CAP, quand ils ont été sûrs que j’avais vraiment trouvé ma voie”, reconnaît le futur ébéniste.

Pourtant, ses débuts n’ont pas été des plus faciles. Malgré un porte-à-porte offensif auprès d’une centaine d’ébénistes, Jean-Guillaume ne peut trouver aucun patron disposé à l’accueillir en apprentissage. L’un d’eux prend néanmoins le temps de lui conseiller un CAP adapté, pouvant être décroché en un an. Là, il croise les élèves du BMA (brevet des métiers d’art) d’ébénisterie, engagés dans deux années d’études supplémentaires. Il décide de suivre la même voie qu’eux.

“Le BMA donne un surcroît de crédibilité pour se faire embaucher par un artisan ou dans une entreprise”, affirme Jean-Guillaume, qui est conscient d’avoir encore beaucoup de choses à apprendre par le biais de l’expérience. À 24 ans, le jeune homme a hâte d’entrer sur le marché du travail et a envie de toucher à tout : “La création et la fabrication de mobilier, la restauration de meubles anciens…” Son faux pas en école de commerce a, certes, retardé son arrivée dans la vie active, mais Jean-Guillaume reconnaît qu’il avait besoin de ce laps de temps pour trouver le métier qui lui convenait vraiment.
Sommaire du dossier
Retour au dossier Spécial orientation : Audrey, l’envie précoce de travailler avec les animaux Spécial orientation : Mélanie, l’hôtellerie plutôt que prof Spécial orientation : Idriss, de l’éducation prioritaire à la préparation d’une grande école Spécial orientation : Camille, du bac L à la déco Spécial orientation : Jean-Guillaume, d’une école de commerce à l’ébénisterie Spécial orientation : Cécile, la psychologie à la fac plutôt que la prépa Spécial orientation : Quentin, un bac ES, une fac d’histoire… puis un CAP de cuisine ! Spécial orientation : Amélie, après les laboratoires biologistes, un nouveau départ en médecine