1. Deux étudiants, suspectés de triche, placés en garde à vue
Décryptage

Deux étudiants, suspectés de triche, placés en garde à vue

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L'université du Havre en 2011 // © Camille Stromboni
L'université du Havre en 2011 // © Camille Stromboni

Mercredi 18 février 2015, deux étudiants de l’université du Havre ont été placés en garde à vue. Ils sont suspectés d’avoir fraudé à leurs examens et encourent jusqu’à trois ans de prison et une amende de 9.000 € .

On ne rigole pas avec la fraude aux examens à l'université du Havre. Mercredi 18 février 2015, deux étudiants de la fac de droit ont été placés plusieurs heures en garde à vue. Ils sont soupçonnés d'avoir triché aux partiels. Constatant des similitudes entre leurs copies dans trois matières différentes, le directeur de l'UFR (unité de formation et de recherche) de droit avait déposé un signalement au procureur de la République au nom de la préservation de la qualité des diplômes. Cette procédure est légale : la fraude aux examens est une infraction au code pénal, qui peut être punie de trois ans de prison maximum et d'une amende de 9.000 €. Les deux étudiants de première année, étrangers, risquent également de ne pas pouvoir renouveler leur titre de séjour. En général, les fraudeurs font plutôt l'objet de sanctions disciplinaires par l'université, du simple avertissement à l'exclusion définitive de tout établissement public de l'enseignement supérieur.

Un excès de zèle ?

Un syndicat enseignant, le SNEsup-FSU, et l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) se sont indignés de cette façon de procéder et ont dénoncé l'excès de zèle du directeur du département. "Ça ne s'est jamais vu dans aucune autre université, d'après ce qu'on sait", a déclaré Nicolas Gambé, le président de l'UNEF Le Havre à l'AFP. De son côté, la présidence nous a confirmé qu'il "y avait bien eu un recours en justice d'un professeur sans qu'elle en soit informée". Pascal Reghem, le président de l'université, a lui-même reconnu que l'enseignant avait agi "en toute légalité" mais de "façon exagérée". Finalement, les deux étudiants sont sortis du commissariat mercredi, en début de soirée. On attend à présent le verdict.